L’organisation du travail, la clé de la réussite, a été bouleversée ces derniers mois à l’échelle mondiale. Qu’en est-il à l’échelle d’une entreprise et dans le cadre d’un cabinet d’études qualitatives comme SENZO ? Comment appréhender les nouvelles mesures qui ne cessent d’être modifiées et qui transforment nos habitudes ?

L’organisation du travail inédite entre collègues : la gestion de l’espace et les gestes barrières

L’organisation du travail et la routine se sont vues transformées depuis la rentrée 2020. Elles continuent à évoluer du fait d’un ajustement au protocole sanitaire en perpétuel changement.

Notre entreprise a l’avantage de compter trois salariés et les locaux de SENZO permettent à chacun de disposer d’un bureau individuel.

Toutefois, les échanges étant nécessaires au bon déroulement des études, nous devons aujourd’hui nous organiser afin de communiquer tout en gardant nos distances et en limitant nos déplacements autant que possible.

Nous avons donc, entre autres, ancré dans nos habitudes le fait de mettre un masque avant d’entrer au sein d’une même pièce, puis de le retirer lorsque nous travaillons dans un bureau individuel.

 

L’organisation du matériel de travail commun : entre soucis et nouvelles stratégies de gestion

La gestion des études qualitatives implique de partager des outils de travail entre collègues. Il convient alors de les désinfecter entre deux usages. Plus d’une fois, nous avons été confrontés à des questionnements : Comment transmettre une clé USB à son collègue sans la toucher au préalable ? Doit-on se laver les mains dès que l’on a touché à un objet ? Doit-on redemander la confirmation à son collègue quand un objet est censé avoir été désinfecté par ce dernier ?

Il en est de même pour le dictaphone mais également pour le téléphone et le matériel d’étude : Doit-on prendre le risque de manquer un appel afin de le désinfecter ? Que faire pour transmettre le téléphone à son collègue lorsque le correspondant le souhaite ?

Des stratégies ont donc été mises en place. Par exemple, nous communiquons l’essentiel de nos documents par mail bien que nous soyons dans les mêmes locaux. Nous utilisons une souris sans fil pour nous déplacer sur l’ordinateur d’un collègue si nécessaire afin de ne pas le toucher le clavier.

 

Concernant les gestes barrières, LCI remet en cause le présumé relâchement des Français : Gestes barrière : les Français se relâchent-ils ? Rien ne le prouve

Le présentiel : des conditions de travail essentielles dans la mise en œuvre de nos études qualitatives

L’organisation de notre travail implique des tâches en présentiel. Cela s’explique en partie par la présence du serveur commun dans les locaux de SENZO, qui contient nos bases de données et nos travaux. A cela s’ajoute l’ensemble du matériel à disposition comme les dictaphones et les divers supports d’études (documents, matériels de test…). De plus, il est impératif d’avoir une très bonne connexion téléphonique pour mener et réaliser nos entretiens.

Les conditions pour interviewer, notamment le calme et l’isolement dans une pièce, sont cruciales dans le déroulement de nos enquêtes et pour la qualité de leur restitution.

Une apprentie a de plus fait son arrivée à la rentrée et un apprentissage à distance dans le cadre d’études qualitatives ne peut être mené aussi bien à distance qu’en présentiel, autant du fait de la communication que du matériel mis à disposition par l’entreprise.

 

L’organisation des repas : source de questionnements et de frustrations pour l’équipe de SENZO

L’équipe de SENZO a pour habitude de déjeuner en dehors des locaux de l’entreprise afin de bénéficier d’une réelle coupure avec le travail et de pouvoir se dégourdir les jambes. Le déjeuner est également un moment qui permet de tester des spécialités culinaires et donc de voyager sans s’éloigner de la rue du Faubourg Poissonnière .

Habituellement, nous nous rendons dans les divers restaurants du coin. Mais depuis la rentrée, la gestion de l’espace est devenue problématique au sein des restaurants, nous avons donc rapidement décidé de procéder au take away. Cette nouvelle pratique n’a pas posé de réels problèmes mais le plaisir n’est plus le même. En effet, les échanges avec les commerçants se font plus brefs et nous constatons que ces lieux dédiés au plaisir gustatif souffrent de cette crise. Les questions demeurent et se multiplient : Commander à l’avance pour éviter la queue ? Peut-on se rendre au restaurant à plusieurs pour récupérer la commande ? Peut-on déjeuner dans la même pièce en gardant nos distances ou doit-on déjeuner chacun à son bureau ? Que faire de ce moment autrefois dédié au partage et aux nombreux échanges ?

 

Au sujet du take away, voici un article de Télérama sur l’engouement de certains plats : Vente à emporter : voici les plats qui ont le plus de succès à Paris 

 

La préparation des réunions de groupe et des interviews : plus  “protocolaire”

Dans le cadre de réunions de groupe et interviews, nous avons mis en place un protocole sanitaire adapté. De nombreuses questions se sont posées : Où trouver des informations claires et précises ? Comment rédiger le protocole ? Comment adapter les mesures à notre activité  ? Combien de personnes peuvent-elles être présentes par mètre carré ? Où doit-on afficher le protocole pour le rendre visible et rassurer les participants ? Dans le cadre de nos interviews, les participants peuvent-ils manger et boire et qu’en est-il de l’animateur ?

Nous avons alors changé nos habitudes en préparant des tables individuelles dans le cadre de groupes et nous mesurons un mètre de distance entre chaque chaise. Nous nous sommes dans un premier temps inquiétés concernant la fluidité des échanges, fondamentale dans le cadre de focus groups. Cette distanciation pouvant diminuer le partage entre participants.

Nous avons également individualisé à la fois les supports testés, utilisés et les encas. A cela s’ajoute la mise à disposition de masque et gel à l’entrée, ainsi que la désinfection préalable de tout le matériel à utiliser. Tout ceci s’avère à la fois chronophage, coûteux et assez éreintant.

 

L’expérience des focus groups pendant la pandémie : heureusement surpris

L’accueil des focus groups nécessite une grande gestion à l’entrée du fait de la répétition de l’énoncé des mesures à chaque participant et du souci d’éviter l’appréhension. Une fois dans les locaux, il faut attribuer les places afin de limiter les déplacements.

L’animateur prend la parole et gère les tours de parole pendant plusieurs heures. Nécessairement, il faut parler plus fort du fait du port du masque et de la distance entre tous les participants qui est bien plus grande qu’habituellement. Il est plus difficile d’identifier le locuteur car son visage est en partie caché. Il nous alors est arrivé d’être surpris suite à l’abaissement de masque de certains enquêtés pour boire ou/et manger. La communication non-verbale ayant un rôle clé dans le cadre d’interview et focus groups, il nous manque une information importante.

L’expérience des interviews individuelles en face à face : masquées !  

Durant les interviews individuelles en face à face, bien que la gestion de l’espace soit moins complexe qu’en focus group, il faut de même énoncer les mesures et proposer des encas individuels et emballés. Nous avons été confrontés à un interviewé anti-masque, qui est arrivé devant les locaux sans en porter. Comment réagir dans ce cas ? Doit-on forcer une personne à porter un masque au risque de perdre l’interview ? Nous lui avons expliqué qu’il était nécessaire d’en porter et lui en avons fourni un. Cette personne n’a pas refusé de le porter mais nous étions inquiets de la suite de l’entretien. Allait-t-elle jouer le jeu malgré tout ?  L’entretien s’est déroulé comme prévu mais l’interviewé en question n’a cessé de boire et de manger, certainement afin de se libérer du masque.

Dans le cadre d’un autre entretien, un interviewé portait des lunettes et était très gêné par le port du masque du fait de la buée. Que faire dans ces moments-là ? Cette gêne ne va-t-elle pas nuire à la richesse des réponses de l’interviewé ?

 

Une organisation du travail évolutive

Malgré la mise en place de nouveaux comportements, les questionnements perdurent. Devra-t-on ancrer dans nos habitudes ces nouvelles pratiques, cette nouvelle organisation du travail sur le long terme ? Qu’en sera-t-il lors d’un retour à la normale ? Garderons-nous certaines habitudes prises depuis la pandémie ?

Toutefois, malgré les masques, la distance et les diverses règles sanitaires, nous avons pris du plaisir à animer en présentiel. Les participants étaient tout aussi motivés. De plus, malgré les divers aléas, cette expérience est très enrichissante.

 

Voir l’article de France Culture sur les nouveaux usages culturels d’internet

 

>>>Pour découvrir d’autres expériences partagées par l’équipe de SENZO :

>>L’écoute des conversations sur les réseaux sociaux

                >> L’expérimentation d’une nouvelle méthodologie d’étude de la mobilité pour le CEREMA

               >>Une nouvelle expérience d’étude dans le domaine social

               >>Retour d’expérience sur les rencontres méridiennes du Centre d’Action Sociale de la Ville de Paris

 

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